L’Education nationale a-t-elle peur de l’innovation ?

Audrey MaurinAudrey Maurin, déléguée générale de la Fédération des établissements scolaires publics innovants (FESPI) et professeur de sciences économiques et sociales au microlycée 93, répond à l’Ajéduc sur la question de l’innovation dans l’Education nationale.

Ajéduc : « Le Conseil national pour l’Innovation et la Réussite éducative (CNIRE) vient de remettre son rapport. Il souligne notamment : « De nombreuses équipes innovantes se plaignent des entraves et des difficultés qu’elles rencontrent (…), de l’absence de reconnaissance, parfois même de l’hostilité ouverte et active de l’institution ». Pourtant, dans le même temps, l’Education nationale explique vouloir favoriser l’autonomie pédagogique des acteurs. L’institution semble alors se trouver dans une certaine schizophrénie. Que faudrait-il faire et changer pour que l’Education nationale n’ait plus peur de l’innovation ? »

Audrey Maurin : « Je ne parlerais pas forcément d’une peur de l’innovation, mais il est certain qu’on peut regretter un manque de positionnement clair vis-à-vis des équipes innovantes. En effet, celles-ci se trouvent souvent face à des situations tout aussi contradictoires qu’inconfortables dans laquelle les autorités académiques ou nationales vont valoriser publiquement leur action tout en les soumettant à d’importantes difficultés de fonctionnement. L’importance de faire évoluer le système scolaire est aujourd’hui globalement acceptée, mais l’Éducation nationale montre cependant encore des réticences à reconnaître la nécessité de donner plus de souplesse au cadre institutionnel.

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Recrutement des professeurs et fonction publique : les propositions de Jean-Michel Blanquer

BLANQUER_Jean_Michel-210x300Ancien recteur et ancien directeur général de l’enseignement scolaire de décembre 2009 à novembre 2012, Jean-Michel Blanquer, professeur de droit public et président de l’Institut des Amériques, est depuis juin 2013 directeur général du groupe Essec. Il est la première personnalité de l’éducation interrogée dans le cadre du rendez-vous mensuel  « La question de l’Ajéduc ».

Ajéduc : Dans votre livre L’École de la vie, paru cette rentrée chez Odile Jacob, vous citez parmi les évolutions indispensables du système éducatif « l’autonomie-responsabilité » à l’échelle de l’établissement scolaire. Cette autonomie se traduirait par le fait que les professeurs « pourront être recrutés de manière plus souple par le chef d’établissement ». Pouvez-vous nous préciser quelles seraient l’étendue et les conséquences de cette « manière plus souple », que certains considèrent comme une atteinte irrémédiable aux principes de la fonction publique d’État ?

Jean-Michel Blanquer : « L’autonomie-responsabilité de l’établissement est un levier majeur du changement qui aurait aussi un impact psychologique en libérant le sens de l’initiative et l’esprit d’équipe. Une capacité, limitée, de recrutement à l’échelle de l’établissement existe déjà avec les « postes à profil », créés à l’échelle du rectorat. On peut envisager une extension de cette formule ou, plus radicalement, un recrutement par l’établissement.

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