Le nouveau bureau de l’Ajéduc après l’Assemblée générale du 11 septembre 2017

Judith Blanes, journaliste à l’AEF (Agence éducation formation), a été élue présidente de l’Ajéduc (Association des journalistes éducation-recherche), lors de l’assemblée générale du 11/09/2017. Elle succède à Isabelle Maradan, présidente depuis juin 2015.

Le nouveau bureau de l’Ajéduc est également composé d’Ariane Despierre-Fery (Le Journal des grandes écoles), Luc Cédelle (Le Monde-La Lettre de l’éducation), Laura Makary (L’Etudiant) et Théo Haberbusch (News Tank higher ed & research).

La nouvelle équipe prévoit d’engager rapidement une réflexion sur l’évolution des statuts de l’association afin de l’ouvrir à de nouveaux membres et à la création d’un prix permettant de promouvoir le journalisme éducation.

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François Bonvalet : « L’augmentation des frais de scolarité est inéluctable et souhaitable pour le pays »

François Bonvalet ©TBS

François Bonvalet, DG de Toulouse Business School (TBS) répond à « La question de l’Ajéduc » sur l’évolution des frais de scolarité dans les établissements d’enseignement supérieur.

Ajéduc : Va-t-on vers une augmentation inéluctable des frais de scolarité dans les business schools et plus largement dans le supérieur ?

François Bonvalet : « L’augmentation des droits de scolarité engagée dans les grandes écoles et en particulier les business schools, n’est pas terminée ! Nos enjeux comme notre terrain de jeu et nos concurrents, sont internationaux. Nous devons nous doter des moyens de rivaliser, de maintenir notre haut niveau et notre attractivité alors même que nos dotations se réduisent drastiquement.

Ce questionnement ne doit pas concerner uniquement les écoles. Nous connaissons le coût réel de nos programmes « grande école », calculé pour les Centres de Formation des Apprentis (CFA). A TBS, il se monte à 13 540 €/élève/an et nous facturons des frais de scolarité de 10 800 €/an. C’est un modèle extrêmement vertueux pour les finances publiques !

Retour sur investissement

En effet, les études nous disent que le « coût de production » d’une année en université en sciences de gestion (pour évoquer un domaine comparable à celui de nos écoles), atteint un montant supérieur à nos propres coûts !

Ce ne serait donc pas délirant, du point de vue économique, d’augmenter les frais de scolarité en université. En ciblant les filières dans lesquelles on sait qu’il y a des débouchés, de l’emploi donc le potentiel pour emprunter si nécessaire et être ensuite en mesure de rembourser ses études. Ce mécanisme met clairement en lumière le fait que la formation est un investissement rentable.

Evolution culturelle

L’augmentation des frais de scolarité est inéluctable et souhaitable pour le pays. On ne peut pas continuer à demander à la collectivité de financer un système où en licence, il y a jusqu’à 60 % d’échec. Cette question des droits de scolarité est donc intimement liée aux enjeux d’orientation après le bac et à l’effroyable gâchis de l’échec en licence.

Propos recueillis par Ariane Fery

Déjeuner Ajéduc – CPU – jeudi 4 mai 12 h30

A trois jours du second tour de l’élection présidentielle, l’Ajéduc vous propose de rencontrer les présidents d’université, à l’issue du conseil d’administration de la CPU.  Quelles sont leurs attentes vis-à-vis du prochain président ? Comment envisagent-ils la rentrée 2017 ? Vous pourrez échanger avec plusieurs présidents d’université lors d’un déjeuner informel.

Date et heure : jeudi 4 mai 12h30

Lieu à définir ultérieurement (dans le centre de Paris)

Attention, rencontre limitée à 15 journalistes.

Pour vous inscrire, il suffit de remplir ce doodle.

 

Paul Devin (SNPI-FSU) : « Le rôle des inspecteurs ne peut se circonscrire à un prosélytisme en faveur d’une réforme »

devinLa question de l’Ajéduc à Paul Devin (secrétaire général du  SNPI-FSU (Syndicat national des personnels d’inspection):

Question: La contestation de la réforme des rythmes scolaires, puis de celle du collège, et maintenant l’éventualité de leur abrogation par une autre majorité, mettent les personnels d’inspection, chargés notamment de veiller à la bonne application des textes officiels, dans une drôle de situation. Comment peuvent-ils rester loyaux envers l’institution sans se renier publiquement dans un sens ou un autre ?


Paul Devin: Cette contradiction n’existe que si les oppositions entre les obligations de l’inspecteur et sa manière singulière de penser sont analysées comme un conflit nuisible à l’institution. Condorcet affirmait la nécessité conjointe d’une politique éducative votée par la représentation nationale et d’une indépendance politique de l’instruction. Il en résulte une tension nécessaire entre les obligations du fonctionnaire et son indépendance. Elle n’est pas un obstacle à la qualité du service public, mais la condition de l’action publique en démocratie.

a finalité de l’école, celle que la loi désormais lui assigne, c’est la démocratisation de la réussite scolaire. La loyauté de l’inspecteur, c’est de servir cet objectif d’intérêt général. Qui pourrait croire qu’il puisse y parvenir en vantant les mérites d’une réforme puis en la condamnant, au gré des changements politiques ? C’est pourquoi le rôle des inspecteurs ne peut se circonscrire à un prosélytisme en faveur d’une réforme.

Une telle conception ne se confond pas avec un exercice libéral de nos fonctions, ni avec une apologie de la désobéissance. C’est dans la réglementation nationale que se fonde l’autorité hiérarchique de l’inspecteur. Le grand paradoxe des évolutions actuelles, c’est que ceux qui résument la loyauté du cadre de service public à son obéissance sont souvent ceux qui veulent substituer aux conceptions classiques de l’encadrement de la fonction publique, une vision reposant sur le leadership managérial et l’habileté de ses éléments de langage.

Le simplisme avec lequel certains voudraient concevoir le pilotage de l’action publique en le résumant à l’application des réformes se heurte à la réalité complexe de l’enseignement. Il feint d’ignorer qu’une pratique enseignante mise en œuvre par les seuls effets de la coercition n’a aucune chance de produire les effets qu’elle vise, ni de garantir que l’école puisse mieux assumer sa tâche éducatrice. Aider les enseignants à penser les relations entre disciplines et interdisciplinarité suppose que l’IPR ou l’IEN ne soit pas réduit à la défense des enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI).

C’est seulement dans la complexité d’une relation dialectique entre la liberté pédagogique et l’intérêt général que peut se définir la loyauté du fonctionnaire. C’est la condition pour que, comme le dit Condorcet, l’instruction ne se consacre qu’à l’enseignement des vérités.

Propos recueillis par Luc Cédelle

Education : l’heure du Medef ?

Pour le Medef, « les élections présidentielles à venir doivent être l’occasion de réformer en profondeur notre système éducatif ». Selon sa formule, l’organisation patronale voudrait que, d’ici dix ans, « 100 % » des élèves soient « citoyens et employables » à la fin de leur scolarité. Comment y parvenir ? Avec quelles chances d’adhésion dans le monde éducatif ? Et quel relais dans les programmes des candidats ?

Pour en savoir plus, l’Ajeduc propose une rencontre avec Florence Poivey, présidente de la commission Education formation du Medef, et Sandrine Javelaud, directrice de la mission Education et enseignement supérieur,

au Journal Le Monde, 80 Bd Auguste-Blanqui 75013, métro Glacière ou Corvisart

Inscriptions : http://doodle.com/poll/rc8q3vyxxmyf5t8t

 


			

Quelle utilité des classements pour les écoles d’ingénieur ?

b_raquet-21 Bertrand Raquet, directeur de l’INSA Toulouse

Scrutés par les directions d’établissements, les classements ont un pouvoir paradoxal. Quelques chiffres flatteurs ou défavorables peuvent avantager ou nuire à la réputation d’une école durablement. Une réalité qui amène le Groupe INSA à se questionner sur la récolte des données et leur valorisation associée. Question de l’AJEduc à Bertrand Raquet, directeur de l’INSA Toulouse.

Quelle utilité des classements pour les écoles d’ingénieur ?

Ces classements ne sont pas un fait nouveau. Face aux sollicitations relatives aux différents palmarès, et compte tenu de sa configuration de groupe partageant un modèle d’enseignement et de recherche, une culture, le Groupe INSA (Instituts nationaux des sciences appliquées) a pris l’initiative en 2014 de travailler à l’homogénéité des réponses aux enquêtes préliminaires aux classements. Lire la suite

Thierry Mandon : « J’aurais aimé avoir deux ans de plus »

Thierry Mandon était invité à rencontrer les journalistes de l’Ajéduc mercredi 23 novembre 2016. A six mois de la fin de son mandat, le secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur et à la Recherche a notamment dressé un bilan positif de son action, reconnaissant que certaines problématiques n’étaient pas résolues. 

« Il faut accepter le temps long pour changer les institutions et les infrastructures. » C’est ce que rappelle Thierry Mandon, secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, invité par l’Ajéduc mercredi 23 novembre 2016 pour parler de son action et de sa vision des enjeux à venir.

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« C’est un quinquennat qui peut se regarder dans la glace », assure Thierry Mandon aux journalistes de l’Ajéduc.

Un bilan qu’il juge positif : entre la réforme des masters et les Comue (Communautés d’universités et établissements), « c’est un quinquennat qui peut se regarder dans la glace ».

Pourtant, il confie très vite qu’il aurait aimé avoir « deux ans de plus » pour pouvoir mener à bien sa mission. « Durant la campagne présidentielle, nous n’avions pas mesuré les bouleversements mondiaux. » La montée en gamme des qualifications dans le monde du travail, l’intensification des efforts de beaucoup de pays dans la recherche ainsi que l’aplatissement de la compétition internationale sont autant de facteurs qui n’ont pas été assez anticipés  avant l’arrivée au pouvoir de François Hollande. Lire la suite