Paul Devin (SNPI-FSU) : « Le rôle des inspecteurs ne peut se circonscrire à un prosélytisme en faveur d’une réforme »

devinLa question de l’Ajéduc à Paul Devin (secrétaire général du  SNPI-FSU (Syndicat national des personnels d’inspection):

Question: La contestation de la réforme des rythmes scolaires, puis de celle du collège, et maintenant l’éventualité de leur abrogation par une autre majorité, mettent les personnels d’inspection, chargés notamment de veiller à la bonne application des textes officiels, dans une drôle de situation. Comment peuvent-ils rester loyaux envers l’institution sans se renier publiquement dans un sens ou un autre ?


Paul Devin: Cette contradiction n’existe que si les oppositions entre les obligations de l’inspecteur et sa manière singulière de penser sont analysées comme un conflit nuisible à l’institution. Condorcet affirmait la nécessité conjointe d’une politique éducative votée par la représentation nationale et d’une indépendance politique de l’instruction. Il en résulte une tension nécessaire entre les obligations du fonctionnaire et son indépendance. Elle n’est pas un obstacle à la qualité du service public, mais la condition de l’action publique en démocratie.

a finalité de l’école, celle que la loi désormais lui assigne, c’est la démocratisation de la réussite scolaire. La loyauté de l’inspecteur, c’est de servir cet objectif d’intérêt général. Qui pourrait croire qu’il puisse y parvenir en vantant les mérites d’une réforme puis en la condamnant, au gré des changements politiques ? C’est pourquoi le rôle des inspecteurs ne peut se circonscrire à un prosélytisme en faveur d’une réforme.

Une telle conception ne se confond pas avec un exercice libéral de nos fonctions, ni avec une apologie de la désobéissance. C’est dans la réglementation nationale que se fonde l’autorité hiérarchique de l’inspecteur. Le grand paradoxe des évolutions actuelles, c’est que ceux qui résument la loyauté du cadre de service public à son obéissance sont souvent ceux qui veulent substituer aux conceptions classiques de l’encadrement de la fonction publique, une vision reposant sur le leadership managérial et l’habileté de ses éléments de langage.

Le simplisme avec lequel certains voudraient concevoir le pilotage de l’action publique en le résumant à l’application des réformes se heurte à la réalité complexe de l’enseignement. Il feint d’ignorer qu’une pratique enseignante mise en œuvre par les seuls effets de la coercition n’a aucune chance de produire les effets qu’elle vise, ni de garantir que l’école puisse mieux assumer sa tâche éducatrice. Aider les enseignants à penser les relations entre disciplines et interdisciplinarité suppose que l’IPR ou l’IEN ne soit pas réduit à la défense des enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI).

C’est seulement dans la complexité d’une relation dialectique entre la liberté pédagogique et l’intérêt général que peut se définir la loyauté du fonctionnaire. C’est la condition pour que, comme le dit Condorcet, l’instruction ne se consacre qu’à l’enseignement des vérités.

Propos recueillis par Luc Cédelle

Education : l’heure du Medef ?

Pour le Medef, « les élections présidentielles à venir doivent être l’occasion de réformer en profondeur notre système éducatif ». Selon sa formule, l’organisation patronale voudrait que, d’ici dix ans, « 100 % » des élèves soient « citoyens et employables » à la fin de leur scolarité. Comment y parvenir ? Avec quelles chances d’adhésion dans le monde éducatif ? Et quel relais dans les programmes des candidats ?

Pour en savoir plus, l’Ajeduc propose une rencontre avec Florence Poivey, présidente de la commission Education formation du Medef, et Sandrine Javelaud, directrice de la mission Education et enseignement supérieur,

au Journal Le Monde, 80 Bd Auguste-Blanqui 75013, métro Glacière ou Corvisart

Inscriptions : http://doodle.com/poll/rc8q3vyxxmyf5t8t

 


			

Quelle utilité des classements pour les écoles d’ingénieur ?

b_raquet-21 Bertrand Raquet, directeur de l’INSA Toulouse

Scrutés par les directions d’établissements, les classements ont un pouvoir paradoxal. Quelques chiffres flatteurs ou défavorables peuvent avantager ou nuire à la réputation d’une école durablement. Une réalité qui amène le Groupe INSA à se questionner sur la récolte des données et leur valorisation associée. Question de l’AJEduc à Bertrand Raquet, directeur de l’INSA Toulouse.

Quelle utilité des classements pour les écoles d’ingénieur ?

Ces classements ne sont pas un fait nouveau. Face aux sollicitations relatives aux différents palmarès, et compte tenu de sa configuration de groupe partageant un modèle d’enseignement et de recherche, une culture, le Groupe INSA (Instituts nationaux des sciences appliquées) a pris l’initiative en 2014 de travailler à l’homogénéité des réponses aux enquêtes préliminaires aux classements. Lire la suite

Thierry Mandon : « J’aurais aimé avoir deux ans de plus »

Thierry Mandon était invité à rencontrer les journalistes de l’Ajéduc mercredi 23 novembre 2016. A six mois de la fin de son mandat, le secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur et à la Recherche a notamment dressé un bilan positif de son action, reconnaissant que certaines problématiques n’étaient pas résolues. 

« Il faut accepter le temps long pour changer les institutions et les infrastructures. » C’est ce que rappelle Thierry Mandon, secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, invité par l’Ajéduc mercredi 23 novembre 2016 pour parler de son action et de sa vision des enjeux à venir.

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« C’est un quinquennat qui peut se regarder dans la glace », assure Thierry Mandon aux journalistes de l’Ajéduc.

Un bilan qu’il juge positif : entre la réforme des masters et les Comue (Communautés d’universités et établissements), « c’est un quinquennat qui peut se regarder dans la glace ».

Pourtant, il confie très vite qu’il aurait aimé avoir « deux ans de plus » pour pouvoir mener à bien sa mission. « Durant la campagne présidentielle, nous n’avions pas mesuré les bouleversements mondiaux. » La montée en gamme des qualifications dans le monde du travail, l’intensification des efforts de beaucoup de pays dans la recherche ainsi que l’aplatissement de la compétition internationale sont autant de facteurs qui n’ont pas été assez anticipés  avant l’arrivée au pouvoir de François Hollande. Lire la suite

Rencontre avec Thierry Mandon le 23 novembre 2016

Thierry Mandon
Nous vous convions à une rencontre avec Thierry Mandon. 

Le secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur et à la recherche sera notre invité le mercredi 23 novembre à 9h45 à l’EMI (Ecole de métiers de l’information), 10 rue des Prairies, à Paris (20e).

Au menu : sujets d’actualité, dossiers en cours, et bilan du secrétaire d’Etat.

Rencontre réservée aux membres / Inscription obligatoire

L’Ajéduc se mobilise autour de mediaeducation.fr

Le 13 septembre, pour sa première rencontre de l’année 2016-2017, l’Ajéduc a accueilli Sylvie Fagnart, responsable de l’Agence mediaeducation.fr et de la plate-forme éponyme. Au-delà de la présentation de l’outil de mise en relation des journalistes prêts à s’engager dans l’éducation aux médias et des enseignants ou animateurs en quête d’intervenants, les débats ont tourné autour des questions posées par les interventions auprès des enfants et des jeunes. Défiance à l’égard des médias et complotisme en tête.

L’ambiance était aux retrouvailles, dans le hall de l’EMI (Ecole des métiers de l’information), le centre de formation aux métiers de l’information qui accueillait la rencontre de rentrée de l’Ajéduc, le 13 septembre 2016. 12 journalistes, membres de l’association, étaient venus rencontrer Sylvie Fagnart, responsable de l’agence mediaeducation.fr. François Longérinas, vice-président de la plate-forme du même nom, et directeur de l’EMI, était également présent.

Rassembler davantage de journalistes

L’idée du projet est « de rassembler tous les acteurs de l’éducation aux médias et les mettre en relation à travers une plate-forme », a résumé François Longerinas. Résultat : mediaeducation.fr a été lancée en mars 2016 lors des dernières Assises du Journalisme à Tours pour recenser et soutenir toutes les initiatives dont le but est de sensibiliser toujours mieux les jeunes à la question des médias, en France. Dans cette démarche de mutualisation, mediaeducation.fr a développé son agence, gérée par Sylvie Fagnart. L’Agence permet de mettre en relation, de façon simple et rapide, des journalistes volontaires, avec des enseignants ou encadrants d’associations en quête de professionnels prêts à intervenir auprès des jeunes.

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Sylvie Fagnart, responsable de l’agence (au centre) et François Longérinas, vice-président de la plate-forme (à droite de Sylvie Fagnart) présentent mediaeducation.fr aux membres de l’Ajéduc/  Photo: DmLeboulanger

De l’intervention ponctuelle aux « résidences de journalistes »

« Tout le monde montre un vrai intérêt au projet, mais il ne s’est pas encore propagé comme un feu dans une plaine sèche », a déploré la responsable de l’Agence. Mi-septembre, 200 personnes étaient inscrites sur la plate-forme et seulement 60 auprès de l’Agence, dont l’objectif est de rassembler davantage de journalistes prêts à s’engager dans l’aventure (lire ci-dessous : « comment rejoindre médiaéducation ? »). Un engagement à géométrie variable, comme l’a expliqué Sylvie Fagnart aux journalistes éducation, « les interventions dans le cadre scolaire ou périscolaire peuvent être très ponctuelles – une fois par an – ou beaucoup plus régulières, et aller jusqu’aux résidences de journalistes, selon les envies et disponibilités de chacun ».  Lire la suite

Rencontre avec François Dubet le 4 octobre 2016

L’Ajéduc recevra le sociologue François Dubet, mardi 4 octobre de 9h30 à 10h30 à l’occasion de la sortie de son livre co-écrit avec Pierre Merle : « Réformer le collège » (puf).

francoisdubetQuel regard porte-t-il sur l’école ? Pourquoi est-il si difficile de « changer » les pratiques ? Quelle serait une bonne réforme du collège ?…

Nous accueillerons également un « grand témoin de terrain » : Julie Clot, principale du collège les Martinets à Rueil-Malmaison (92), qui partagera son regard et son expérience et réagira aux observations du sociologue.

Pour qui ? Cette rencontre est réservée aux membres de l’Ajéduc. Elle sera l’occasion d’adhérer ou de renouveler votre adhésion à l’association (cotisation annuelle de 20 €).

Où ? La rencontre se déroulera à l’EHESS – 105 bd Raspail, à Paris (6e).

Nous vous remercions de vous inscrire via le lien doodle ci-dessous :

http://doodle.com/poll/xp57tabgu88xgsxh 

Nous vous espérons nombreux !