Le nouveau bureau élu lors de l’assemblée générale 2019

L’Ajéduc (Association des journalistes éducation-recherche) a élu, à l’unanimité, son nouveau bureau, le 21 octobre 2019 lors de son assemblée générale ordinaire.

Il est composé de :

  • Wally Bordas (Le Figaro Etudiant), réélu comme président pour un second mandat ;
  • Julie Lanique (AEF Info), élue pour un premier mandat de vice-présidente ;
  • Théo Haberbusch (News Tank), secrétaire ;
  • Clarisse Watine (Monde des grandes écoles et Universités), vice-secrétaire ;
  • Ariane Despierres Féry (L’Etudiant), trésorière ;
  • Marine Richard (pigiste), vice-trésorière.

Le nouveau bureau entend poursuivre l’action des équipes précédentes en appuyant et en facilitant le travail de tous les journalistes spécialistes de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche. 

Le champ du journalisme éducation est en effet marqué par une grande diversité dont l’Ajéduc est le reflet.

Une soixantaine de professionnels

L’association regroupe une soixantaine de professionnels, travaillant pour tous les médias, des plus généralistes aux plus spécialisés, à Paris et partout en France. Ils œuvrent pour tous les types de support : presse écrite, web, agence, radio ou télévision. 

Certains sont intégrés à une rédaction mais un nombre grandissant d’entre eux travaillent pour plusieurs supports en qualité de pigistes. Ce sont pleinement des journalistes qui doivent être destinataires de toutes les invitations et invités à tous les événements.

Le rôle de l’Ajéduc est également de créer du lien et de dépassionner certains sujets en les portant à un niveau collectif. Par exemple, en expliquant aux administrations et organisations les enjeux et les besoins des journalistes éducation.

L’association souhaite également multiplier les événements et rencontres avec les acteurs de l’écosystème.

Enfin, l’Ajéduc se veut un espace de dialogue et d’échange entre journalistes, notamment pour faire circuler les opportunités professionnelles et discuter des enjeux auxquels notre métier est confronté. 

Les principaux événements de l’année écoulée

L’AG a notamment été l’occasion de revenir sur les événements suivants : 

  • Les enjeux de la rentrée vus par la CPU (04/10/18) ;
  • Rencontre avec la ministre Vidal et Jérôme Teillard, ils présentent en exclusivité pour l’Ajéduc les nouveautés 2019 de la plateforme (08/01/2019) ;
  • Prise de parole du président de l’Ajéduc Wally Bordas, à l’occasion des voeux du ministre Jean-Michel Blanquer ;
  • Rencontre avec le bureau de la Conférence des grandes écoles (12/03/19)
  • Rencontre Parcoursup et ses conséquences  pour l’orientation sous le regard des chercheurs  (18/06/19).

Nicole Gauthier : « L’Ajéduc a deux ancêtres »

Journaliste et universitaire, Nicole Gauthier est directrice du Cuej (Centre universitaire d’enseignement du journalisme, Université de Strasbourg) depuis 2009. C’est à la rubrique éducation qu’elle a fait une bonne partie de sa carrière dans la presse, notamment pour Libération, où elle a aussi été correspondante dans l’Est et cheffe du service Grand Angle.  

L’Ajéduc lui a demandé de lui ouvrir son « armoire aux souvenirs » pour découvrir les associations de journalistes éducation et universitaires qui l’ont précédée. 

Ajéduc : Quel a été votre parcours dans le journalisme éducation?

NG_faceIl a débuté avec Christian Beullac sous Valéry Giscard d’Estaing, et s’est terminé avec Lionel Jospin pendant le deuxième septennat de François Mitterrand.
J’ai commencé, ou presque, ma carrière à L’Education, un magazine hebdomadaire spécialisé dans les questions scolaires et universitaires, qui traitait à la fois d’actualité éducative et d’enjeux pédagogiques.
C’était il y a 40 ans, et beaucoup des sujets polémiques de l’époque ressemblent étonnamment à ceux d’aujourd’hui : l’apprentissage de la lecture avec les anathèmes contre la méthode dite globale, la sempiternelle baisse de niveau, les rythmes scolaires, et j’en oublie…
La revue ferme à l’été 1984, et après quelques mois de piges je rejoins un nouvel hebdomadaire en création, La Lettre de l’éducation, financé par les mutuelles enseignantes (MAIF, CAMIF, MGEN…) qui apparaissaient alors comme le bras financier de la galaxie enseignante laïque (dans l’orbite de la FEN, de son principal syndical, le SNI-PEGC, du CNAL, le Comité national d’action laïque).
Concrètement, il s’agit d’un supplément inséré dans le quotidien Le Matin de Paris, alors dirigé par Max Gallo (secondé par un certain François Hollande), censé drainer le lectorat enseignant.
L’initiative fait long feu, mais pour ce qui me concerne, je n’y reste que quelques semaines, débauchée par Libération dont la rubrique éducation compte alors, luxe inouï, deux journalistes.
J’intègre donc Libération en janvier 1986, et je reste dans la rubrique jusqu’en décembre 1990.
Pour faire un peu d’archéologie ministérielle, j’ai donc connu à cette rubrique les ministères Beullac et Saunier-Seïté, Savary, Chevènement, Monory et Devaquet, Jospin et quelques autres, avec 3 alternances politiques et un certain nombre de mouvements de masse, de reculs, de passage en force.

A quelles initiatives collectives avez vous participé qui pourraient faire écho à l’Ajéduc aujourd’hui ?

L’Ajéduc a un, et même deux ancêtres, l’APIJ (Association presse information jeunesse) et l’AJU (Association des journalistes universitaires).
  • L’APIJ a été créée en 1966, elle regroupe les journalistes éducation, mais aussi tous ceux qui s’intéressent de façon plus générale aux questions de jeunesse. Elle milite activement, en ces temps où le CLEMI n’existe pas, pour l’introduction de la presse et des médias à l’école, en tous cas pour que la presse ne soit pas seulement considérée comme un auxiliaire d’enseignement (démarche déjà audacieuse pour l’époque), mais aussi comme objet d’étude. Il s’agit – déjà – de réduire le fossé entre les médias et les jeunes, et en ces temps d’avant Internet, de mettre journaux et magazines dans les mains de tous les collégiens et lycéens. L’APIJ bénéficie de subventions du ministère de la Jeunesse et ses sports, dispose de locaux et salarie une secrétaire.
  • L’AJU, créée en 1971, intervient de manière plus spécifique dans le champ scolaire et universitaire, et notamment sur la défense de l’accès à l’information des journalistes (publication des rapports, visites ministérielles, accès des médias à l’information parfois complètement verrouillée).
L’APIJ et l’AJU ont organisé plusieurs colloques sur l’introduction de la presse à l’école. Elles animent aussi des débats sur l’information, les jeunes et la politique de la jeunesse (éducation sexuelle, drogue, etc.).
Elles éditent une lettre d’information hebdomadaire (ronéotée) envoyée tous les vendredis à tous les adhérents par voie postale.
L’AJU attribue chaque année un prix à un ouvrage (Robert Bréchon pour La fin des lycées, Gérard Vincent pour Le Peuple lycéen…), organise des déjeuners thématiques à destination de ses adhérents, etc.
Donc pour répondre à la question, oui, j’ai participé à de nombreux événements organisés par l’une ou l’autre de ces associations dont j’ai été membre du bureau.

Un souvenir marquant lié à ces associations?

Il y en a beaucoup. Pour les actions « corporate »: le bras de fer avec la ministre des Universités, Alice Saunier-Seïté et son équipe, qui refusaient tout contact avec les journalistes débarquant en force au ministère, rue Dutot.

Sinon, les débats entre journalistes pour donner une visibilité aux jeunes dans les médias.

 

Aujourd’hui, quel doit être le rôle d’une association thématique comme l’Ajéduc?

Je suis influencée par ce que j’ai connu et la réponse a forcément une détestable connotation « ancien combattant ». Tant pis.
  • Défendre et porter les sujets éducation et sup dans tous les médias ;
  • assumer le côté expert des questions d’éducation (en gros, faire gentiment comprendre à son rédacteur en chef que ce n’est pas parce qu’il a ses deux gamins dans un lycée parisien que son point de vue est pertinent);
  • participer au débat public autour de l’école et de l’Université;
  • et pourquoi pas contribuer à la formation de jeunes collègues et/ou à la formation continue de plus anciens sur les enjeux du scolaire et du supérieur.

Propos recueillis par Théo Haberbusch

Rencontre avec le bureau de la Conférence des Grandes Ecoles

16 journalistes ont échangé avec 9 directeurs de grandes écoles, membres du bureau de la CGE le mardi 16 janvier. En cette période de réformes, deux sujets ont dominé les échanges : ParcourSup et la réforme de l’apprentissage. Mais déjà, la CGE a d’autres combats collectifs en tête…

ParcourSup

Les écoles accessibles après classes prépa se sont mobilisées auprès de ces dernières pour obtenir la possibilité de vœux groupés. Pour les écoles accessibles post bac, la situation est hétérogène, certaines n’étant pas sur la plateforme (par choix) afin de pouvoir travailler sur leur visibilité et surtout entrer en contact avec les étudiants au moment de leur choix (cette année les établissements ne seront pas autorisés à communiquer avant le 22 mai). Des questions qui devront être éclaircies avant l’obligation pour tous les établissements de figurer sur la plateforme en vue pour 2020.

La CGE a rappelé militer pour l’accès des étudiants à la filière de leur choix. Cela passant par toujours plus de transparence sur les filières, leurs attendus, leurs débouchés, les cursus. La CGE est engagée depuis des années dans une politique de communication et de mentorat vers les lycéens, notamment les plus éloignés de leur écosystème, pour faire savoir que c’est possible. La CGE a signé un partenariat avec l’Agence du service civique pour développer encore ces actions.

Réforme de l’apprentissage

15 % des diplômés des grandes écoles le sont par la voie de l’apprentissage. L’objectif est d’atteindre les 25 % à l’horizon 2025. Pour cela la CGE a insisté sur la nécessité d’avoir le système de financement, de pilotage et de gouvernance adéquat. Les écoles considèrent l’apprentissage comme une filière d’excellence, un dispositif pédagogique alternatif levier d’ouverture sociale, professionnalisant et menant à une insertion rapide et de qualité.

Côté financement, la CGE insiste sur la nécessité d’avoir une prise en charge du coût par étudiant suffisante, certaines écoles connaissant déjà des difficultés. Ce combat est mené conjointement avec la CPU et la CDEFI. Concernant le hors quota (la part barème versée par les entreprises à l’établissement de leur choix), cette part a déjà baissé de 37 % en moyenne. La CGE parle de péril si la baisse devait se poursuivre et explique avoir eu des échos rassurants sur sa stabilisation.

La CGE s’est félicitée de l’assouplissement sur le front des regroupements dans le supérieur. L’enjeu pour les grandes écoles étant de conserver ce qui fait leur efficience et leur agilité (personnalité morale, marque, sélectivité, professionnalisation, recherche, lien avec l’entreprise, international…) Les écoles membres de la CGE sont ainsi engagées dans le mouvement de définition de nouveaux modèles de regroupements.

La CGE a annoncé son combat pour 2018 : obtenir le grade de Licence (DNL) pour les Bachelors des grandes écoles. Le grade de Licence existe pour d’autres écoles, hors université, comme les écoles d’infirmier(e)s. Obtenir le grade serait un indicateur de qualité pour les étudiants à l’heure où ces formations foisonnent sur le marché, et est aussi essentiel dans la perspective de la poursuite d’études et des équivalences.

Des dizaines de CFA en danger de fermeture selon les Chambres de commerce et d’industrie

Pierre Goguet, Président de CCI France répond à « La question de l’Ajéduc »

Ajéduc : Quels sont les risques de la réforme de l’apprentissage pour les établissements du réseau consulaire ?

Pierre Goguet : La mission des Chambres de commerce et d’industrie (CCI) est de créer de la formation en fonction des besoins des bassins d’emploi, en lien avec des branches qui n’ont pas la capillarité territoriale suffisante pour mener à bien ces actions. A la fois collecteur de la taxe d’apprentissage et opérateur, le réseau des CCI est à la confluence des besoins des territoires et des branches : nous pensons pouvoir jouer un rôle de pilote dans l’avenir de l’apprentissage.

Mais le projet de réforme et sa coupe budgétaire de 150 M€ pour le réseau ne vont pas forcément en ce sens et impliquent des risques réels pour nos formations :

– La fermeture de dizaines de centres de formation d’apprentis (CFA). La taxe d’apprentissage devrait suffire au financement des CFA mais, dans les faits, ce n’est pas toujours le cas. Les CCI leur allouent donc des subventions d’équipement issues de leur taxe pour frais de chambre, une taxe perçue par les CCI pour assurer le financement de leur fonctionnement.

Si le rapport de l’Inspection Générale des Finances sur la réduction du portefeuille des métiers des chambres leur interdit d’allouer une quote-part de cette taxe à l’apprentissage, que vont devenir les CFA ? Car si les fonds issus de la taxe pour frais de chambre n’ont pas vocation à être utilisés pour l’apprentissage, force est de constater qu’elle contribue de façon substantielle à son financement. Sans elle, près de 30 CFA se retrouveraient en danger de fermeture, à moins qu’un conseil régional ou une branche prenne le relais, ce dont je doute.

– La suppression de formation de niches. Avec la rémunération des CFA au contrat, le projet de réforme induit un système poussant à la volumétrie et donc à privilégier des filières porteuses au détriment des formations de niche et de certains territoires déjà en proie à la désertification. Un système qui implique aussi l’éloignement des entrepreneurs et des CFA ainsi qu’un accompagnement des entreprises et des élèves moins personnalisé.

-Un risque lié au développement du statut d’établissement d’enseignement supérieur consulaire (EESC) et l’ouverture du capital aux investisseurs étrangers. Un statut qu’on dit salvateur mais qui a pourtant un gros défaut en ce qu’il interdit la rémunération des plus-values. Pour un investisseur, le retour sur investissement est faible, sauf à racheter l’école dans son intégralité.

-L’affaiblissement de la démocratisation des grandes écoles qui vont devoir pallier ces coupes budgétaires par une augmentation de leurs frais de scolarité.

Mais nos préoccupations ne reposent pas tant sur cette nouvelle coupe budgétaire (nous en avons déjà subi de nombreuses et avons toujours su rebondir), que sur la brutalité de son application qui doit être réalisée en 3 mois seulement. Comme le dit Kierkegaard, « le chemin est difficile mais c’est le difficile qui est le chemin »

Propos recueillis par Clarisse Watine (Le Journal des Grandes Ecoles et Universités)

 

Rencontre Ajéduc lundi 4 décembre à 9h dans les locaux du Monde: «Une école commune est-elle encore possible?»

Dans l’éternel débat sur l’école, l’heure est au creusement des clivages. Certains ne jurent que par les « fondamentaux », honnissent le « pédagogisme ». D’autres exaltent l’innovation, la créativité, l’empathie… ou se réfèrent aux pédagogues de l’émancipation… ou encore prônent une « liberté scolaire » dégagée de l’État. Chacun attendant de l’école qu’elle soit adaptée à ses options personnelles, une école de tous et pour tous est-elle encore possible ? Pour en débattre, l’Ajéduc réunit deux structures très différentes : le think tank Vers le Haut et le collectif Questions de classe(s).

le lundi 4 décembre à 9h00, dans les locaux du Monde

(entrée par le 14, rue Paul-Gervais, 75013)

Vers le Haut, créé en 2015, se définit comme un « Centre d’études et d’actions dédié aux jeunes, aux familles et à l’éducation », qui « élabore et diffuse des propositions dans le débat public » et veut « porter un projet éducatif ambitieux pour la jeunesse, adapté aux défis du 21ème siècle ». unnamed (1)

Vers le Haut est lié à une série d’organisations comme les Apprentis d’Auteul, l’Armée du salut, le Collège des Bernardins, les Scouts musulmans de France, etc. Son délégué général, Marc Vannesson, vient de publier Tous éducateurs. Et vous ? (Bayard), un livre-manifeste en faveur d’une « nouvelle alliance éducative » permettant de « contrer la barbarie ».

Questions de classe(s), se présente comme un collectif militant proposant « un espace alternatif et sans esprit de concurrence au service de tous ceux et celles qui luttent pour changer la société et son école ».

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Il est aussi « un site internet coopératif autour des luttes sociales et des pratiques pédagogiques visant l’émancipation ». Questions de classe(s) publie aussi la revue sur papier N’autre école, dont le 7e numéro, qui vient de paraître, est consacré aux pédagogies alternatives. Un de ses responsables, Grégory Chambat, professeur de collège, a publié en 2016 L’école des réac-publicains: la pédagogie noire du FN et des néoconservateurs (Libertalia).